3 choses à ne pas faire cette année en présence d'une hernie discale



La hernie discale fait partie des raisons d’une visite aux urgences des cabinets de physiothérapie. Les motifs de consultation incluent la douleur aiguë, une raideur forte à la colonne vertébrale, des irradiations et des engourdissements au bras ou à la jambe ainsi que les troubles du sommeil dus à la douleur.

Les éléments déclencheurs les plus fréquents sont un faux mouvement, une mauvaise position maintenue de façon prolongée (les effets de l’alcool y contribuant) et la fatigue générale.

Mon article d’aujourd’hui vous aidera à prévenir certains de ces problèmes. Voici quelques informations pertinentes sur la hernie discale, mais d’abord, 3 choses à ne pas faire en présence d’une douleur sévère au cou ou au dos, particulièrement si celle-ci est causée par un problème du disque intervertébral.

Bonne lecture!

Denis


1. Les déplacements prolongés en voiture

Les vibrations occupent le haut de la liste des effets dommageables sur la hernie discale. Les déplacements en voiture, peu importe la qualité de la suspension, entraînent des vibrations constantes. Celles-ci augmentent l’activité musculaire et le stress sur un disque déjà abîmé. Si vous souffrez d’une hernie discale, ou si vous avez des douleurs à la colonne vertébrale qui irradient au bras ou à la jambe, il serait prudent d’éviter les longs trajets en voiture. Voici deux conseils à suivre si vous ne pouvez vous en abstenir.

Conseil 1 : arrêtez-vous le plus souvent possible. La position prolongée est votre pire ennemie, particulièrement si vous êtes conducteur et encore davantage si la transmission n’est pas automatique. Marchez quelques minutes et bougez le dos lentement, en tournant les épaules de gauche à droite. Ne faites surtout pas d’exercices qui augmentent les symptômes.

Conseil 2 : laissez-vous conduire et inclinez votre siège au maximum. La position horizontale risque d’être plus confortable. Les vibrations de la voiture auront alors un impact moindre et, en principe, les tensions et la douleur seront diminuées par la réduction de l’activité des muscles posturaux.


2. Dormir sur le divan du beau-frère

Qui n’a jamais dormi sur un divan, le cou trop cambré et dans une posture inadéquate ? La plupart des personnes arrivent à le faire sans trop souffrir. Or, si vous avez une hernie discale, il serait sage de l’éviter. Sinon, assurez-vous de bien supporter votre cou, vos épaules ainsi que votre colonne vertébrale. Ajoutez un nombre suffisant de coussins. N’oubliez pas que le disque intervertébral agit comme un ressort (un amortisseur) et qu’il n’est pas conçu pour être étiré sur une longue période de temps, ce qui pourrait se produire si vous dormez dans une position acrobatique. Plusieurs personnes ayant un sommeil profond et/ou un niveau d’intoxication élevé (d’alcool ou autres substances) ne ressentiront pas la douleur et se rendront compte des dommages que le lendemain matin, alors que certaines blessures du disque pourraient être irréversibles.

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3. Chuter sur la glace

Il n’est pas simple de prévenir une chute sur la glace d’une personne en bonne santé. Un bête accident restera toujours un bête accident. Toutefois, si vous souffrez d’une hernie discale, surtout au bas du dos, il est possible que vos réflexes, votre force, votre endurance et votre coordination soient altérés. Si c’est le cas, redoublez de vigilance si la surface au sol est glissante ; le coefficient d’adhérence est à son plus bas lorsque l’eau recouvre une couche de glace.

Conseil 1 : testez votre équilibre en vous tenant debout sur un pied, les yeux fermés et sans bouger pendant au moins 10 secondes. Votre résultat devrait être sensiblement le même d’un côté comme de l’autre. Si nécessaire, faites ceci comme exercice quotidien.

Conseil 2 : si votre équilibre ne s’améliore pas après quelques jours, et particulièrement s’il persiste une différence significative entre les deux côtés, consultez un physiothérapeute ou un professionnel de la santé pour mieux en comprendre les causes.

Un dos en santé

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Aucun exercice ne doit être fait en présence de douleur. Suivez les principes de progressivité, c'est-à-dire que vous devez adapter à vos capacités l'amplitude des mouvements faits pendant les exercices ainsi que la vitesse et le nombre de répétitions. La progression doit se faire lentement, par exemple, lorsque la mobilité de votre dos le permet. Au besoin, prenez une journée de repos avant de refaire les exercices. Choisissez de 4 à 6 exercices parmi ceux-ci:

Stabilisation: 67A, 67B, 68B et 68C.

Mobilité: 64A, 64C, 64D et 65A

Force: 73C, 73D et 73E.


Le disque intervertébral

La colonne vertébrale compte 23 disques, un entre chaque vertèbre à l’exception des deux premières. Le disque est constitué d’un anneau fibreux et souple, dont le centre est rempli d’une substance comparable à du gel (appelée noyau). Le disque a deux rôles principaux : permettre le mouvement de la colonne vertébrale et agir comme un amortisseur. Il a donc une excellente capacité de compression, comme celui d’un ressort. Il réagit toutefois moins favorablement lorsqu’il est étiré de façon prolongée, comme expliqué plus haut.

La hernie discale, ça mange quoi en hiver ?

La même chose qu’en été, répondraient certains. En fait, les saisons n’influencent pas la formation des hernies discales. Celles-ci apparaissent subitement ou graduellement, notamment après un stress répété, une position prolongée maintenue en fin de mouvement ou un geste traumatique comme une chute ou un accident de voiture. Même si la météo n’a pas de lien direct avec la hernie discale, les activités hivernales peuvent toutefois la fragiliser comme le ramassage de la neige ou gratter une couche de verglas sur le pare-brise de la voiture. Notez que certaines personnes ont une prédisposition anatomique ou génétique aux hernies discales. Par exemple, il arrive que plusieurs membres d’une même famille en souffrent.


Les différentes étapes qui mènent (ou pas) à la hernie

Le disque sain : le noyau du disque est dans une position normale, c’est-à-dire qu’il se trouve relativement au centre du disque.

La protrusion discale : une partie ou la totalité du noyau se déplace vers les limites anatomiques du disque, causant un bombement plus ou moins important. Cette situation ne cause pas systématiquement de douleur ou de compression nerveuse.

La hernie discale : une partie ou la totalité du noyau est expulsée à l’extérieur du disque. L’intégrité de celui-ci peut aussi être altéré, c’est à dire qu’une partie de l’anneau fibreux peut (ou non) avoir été endommagé. La hernie discale entraîne souvent de la douleur et comprime parfois d’autres structures anatomiques comme la racine d’un nerf. Ces symptômes sont parfois difficiles à dissocier d’autres problèmes de la colonne vertébrale.

Les principaux signes cliniques de la hernie discale

  • la douleur aiguë locale et/ou une douleur irradiant au bras ou à la jambe,

  • une diminution ou une modification de la sensibilité locale et/ou de la force du membre supérieur (hernie cervicale) ou inférieur (hernie lombaire),

  • la toux augmente souvent les symptômes.

Notez qu’il est hasardeux de s’autodiagnostiquer une hernie discale. La résonance magnétique et le CT-scan sont de bons tests pour y voir plus clair. La radiographie offre peu de renseignements à cet égard.


10 faits surprenants à connaître sur la hernie discale

  1. On croit à tort que les hernies discales ne concernent que les personnes âgées. L’incidence la plus élevée se situe pourtant entre 30 et 50 ans.

  2. La hernie discale touche aussi les enfants, même si elle est beaucoup moins fréquente. Les causes principales sont d’origine traumatique ou anatomique, comme la présence d’une scoliose.

  3. Les hernies discales les plus fréquentes concernent les niveaux inférieurs du cou (C5-C6 et C6-C7) et ceux du dos (L4-L5 et L5-S1).

  4. La plupart des symptômes causés par une hernie discale finissent par disparaître. Toutefois,

lorsqu’ils persistent durant plusieurs jours, voire des semaines ou des mois, consultez un professionnel de la santé comme un physiothérapeute afin de vous assurer que les phénomènes de compensation ne perdurent pas et que vous récupériez la totalité de vos capacités physiques comme la souplesse, la force, l’endurance et l’équilibre.

  1. Une hernie discale peut causer des douleurs, des engourdissements et/ou une faiblesse au bras ou à la jambe, sans toutefois causer de douleur au cou ou au dos.

  2. Il arrive que les problèmes provoqués par la hernie discale se déplacent d’un côté à l’autre. Cela peut s’expliquer par le fait que la compression est exercée par une substance relativement liquide qui n’est pas statique.

  3. Le repos au lit est parfois inévitable dans un contexte de douleur fulgurante. Cependant, celui-ci devrait être réduit au minimum et, dès que possible, le mouvement devrait être repris, ne serait-ce que localement pour les articulations non douloureuses.

  4. Les symptômes de la hernie discale sont parfois plus marqués le matin, au lever. Pour des raisons mécaniques et anatomiques, la pression intradiscale est souvent plus grande après une nuit de sommeil.

  5. Des chercheurs japonais ont publié récemment une étude qui identifiait deux principaux facteurs de risque chez les personnes aux prises avec des hernies discales récurrentes: la consommation de cigarettes ainsi que le fait de soulever régulièrement des charges à son travail (Miwa et coll., 2014).

  6. Certaines hernies discales peuvent causer des symptômes graves. Ceux-ci requièrent une consultation médicale d’urgence et parfois même une intervention chirurgicale. Les principaux signes à surveiller sont l’incontinence (urinaire ou fécale), la dysfonction sexuelle, la perte de force importante et prolongée, les nausées et les vomissements. Il est à noter que la très grande majorité des hernies discales n’entraîne aucun de ces problèmes et ne nécessite pas de chirurgie.

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Denis Fortier est physiothérapeute et un clinicien expérimenté, minutieux et reconnu. Il est aussi auteur et chroniqueur à la radio et à la télé. Ses plus récents livres s'intitulent:

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Références scientifiques

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Hahne, A.J., Ford, J.J. & McMeeken, J.M. 2010, "Conservative management of lumbar disc herniation with associated radiculopathy: a systematic review", Spine, vol. 35, no. 11, pp. E488-E504.

Kim, K., Lee, D., Cho, D., Sung, J. & Kim, Y. 2014, "Preoperative Risk Factors for Recurrent Lumbar Disc Herniation in L5-S1", Journal Of Spinal Disorders & Techniques, en ligne.

Li, Y., Fredrickson, V. & Resnick, D.K. 2014, "How Should We Grade Lumbar Disc Herniation and Nerve Root Compression? A Systematic Review", Clinical orthopaedics and related research, en ligne.

Miwa, S., Yokogawa, A., Kobayashi, T., Nishimura, T., Igarashi, K., Inatani, H. & Tsuchiya, H. 2013, "Risk Factors of Recurrent Lumbar Disc Herniation: A Single Center Study and Review of the Literature", Journal Of Spinal Disorders & Techniques, en ligne.

Yu, P., Jiang, F., Liu, J. & Jiang, H. 2013, "Outcomes of conservative treatment for ruptured lumbar disc herniation", Acta Orthopaedica Belgica, vol. 79, no. 6, pp. 726-730.

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Dernière mise à jour faite le 13 septembre  2019. Toute reproduction du site est interdite sans le consentement de l'auteur. © Denis Fortier 2015-2019