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Conseils d’un physio pour mieux comprendre et traiter la sciatique



Les problèmes de dos surviennent le plus souvent entre l’âge de 30 et 50 et il est faux de dire qu’ils ne concernent que les personnes plus vieilles. C’est aussi vrai pour la sciatique; un motif de consultation très fréquent en physiothérapie et dont le principal symptôme est la douleur au membre inférieur. La sciatique fait souvent très mal! Elle peut nous empêcher de travailler et de vaquer normalement à nos occupations. Mon article d’aujourd’hui vous propose d’abord un tour d’horizon de la sciatique, des conseils pour la traiter ainsi que des réponses à 8 questions qui me sont régulièrement posées par mes patients.

Être sur le gros nerf

La sciatique est une compression ou une irritation du nerf sciatique, soit le plus long et le plus large du corps humain. Ce nerf provient des dernières racines nerveuses de la moelle épinière et parcourt le bas du dos, la fesse et une partie de la cuisse. Puis il change de nom et se divise en plusieurs ramifications qui atteignent notamment le pied et les orteils. Les problèmes entraînés par une sciatique peuvent être d’ordre sensitif, moteur ou une combinaison des deux. Les facteurs de risques incluent une histoire antérieure de douleur lombaire, subir régulièrement des vibrations comme celles d'une machinerie industrielle ou d'un camion lourd ainsi que la consommation de tabac.


Changer l’ampoule ou appeler les pompiers?

Un diagnostic de sciatique est basé sur les symptômes et non sur l’origine du problème. Bien sûr, il est essentiel de traiter la douleur, mais aussi (et surtout!) d’identifier la ou les causes probables. Un peu comme une lampe qui n'éclaire plus: changer l’ampoule est parfois insuffisant. Le manque d’éclairage peut également provenir d’un filage défectueux, d’un disjoncteur fermé, d’une panne de courant, etc.. Et si, ajouté à l'absence d’éclairage, le calorifère ne fonctionne plus et une odeur de brûlé émane d’une autre pièce? L’intervention idéale n'est peut-être pas de trouver une nouvelle ampoule, mais d'appeler les pompiers. C’est la même chose pour la sciatique. Plusieurs éléments peuvent comprimer ou irriter le nerf. Le choix de la meilleure approche thérapeutique se fait par une compréhension adéquate du mécanisme de blessure et de l'origine des symptômes . La personne souffrante pourrait ne pas avoir relié à la sciatique des signes importants comme de l’incontinence. Or, ce type de manifestation est à prendre au sérieux et un examen complet fait par un professionnel de la santé, tels un médecin et un physiothérapeute, permet d’étoffer le diagnostic en associant, par exemple, d’autres signes plus ou moins graves auxquels on ne songe pas nécessairement.

Les causes et les symptômes

Les causes de la sciatique sont souvent multiples, complexes et individuelles. La plus fréquente est une pathologie du disque intervertébral, que ce soit une protrusion (bombement) ou une hernie, qui exerce une compression nerveuse importante. Certaines tensions musculaires au bas du dos et à la fesse peuvent aussi faire partie des causes et entraîner des symptômes douloureux. Ceux qui ont déjà souffert d’une sciatique savent que ce n’est pas jojo. La sciatique peut altérer les activités de tous les jours, perturber le sommeil, diminuer notre endurance à la marche et, dans les pires cas, reprendre de plus belle et s'aggraver au moindre effort. Voici une liste des principaux symptômes. Ceux-ci concernent, en partie ou en totalité, le bas du dos, la fesse, l’arrière de la cuisse, la jambe, le pied et les orteils:

  • une douleur dont l'intensité varie considérablement d'une personne à l'autre;

  • des fourmillements ou des paresthésies (sensations anormales de la peau);

  • des pertes de sensibilité partielles ou complètes de la peau;

  • de la faiblesse et une fatigabilité musculaire importantes, à un ou plusieurs muscles;

  • des symptômes unilatéraux ou bilatéraux, souvent différents d'un côté à l'autre en terme de fréquence, d'intensité, de localisation et de durée.

4 choses à éviter en présence d’une sciatique

  1. Minimiser les symptômes et les signes avant-coureurs comme des engourdissements sur le trajet du nerf sciatique (fesse et arrière de la cuisse). Il est beaucoup moins complexe de traiter la sciatique dès les premières manifestations, plutôt que d’attendre que la douleur aiguë perturbe le sommeil et les mouvements de la vie de tous les jours.

  2. Effectuer de longs déplacements à bord d'une automobile ou d'un autre type de véhicule. Les vibrations et les


soubresauts de la route associés à la position assise prolongée augmentent souvent les symptômes de façon significative.

  1. S’immobiliser au lit durant plusieurs jours. Le repos au lit n'est pas efficace, sauf en cas de douleur aiguë et invalidante. Il est toutefois recommandé de ne pas s’immobiliser au lit. À tout le moins, il faut bouger les articulations qui ne sont pas douloureuses.

  2. Tousser en se penchant. La toux peut augmenter les symptômes de la sciatique, particulièrement si elle provient d’un problème discal. Si une sciatique survient malencontreusement en même temps qu’un problème respiratoire comme un rhume ou une grippe, il est suggéré de tousser sans se pencher ou, dans les pires cas, en position horizontale.

4 choses à faire en présence d’une sciatique

  1. Soulager la douleur, qu’elle soit aiguë ou non. Un enveloppement chaud et humide, appliqué sur la région de douloureuse pendant 20 minutes, aura pour effet de détendre la musculature. Certaines personnes trouveront un meilleur apaisement des symptômes en utilisant un enveloppement froid. Celui-ci agit davantage sur les mécanismes de détection de la douleur.

  2. Augmenter ou maintenir la force et la souplesse de vos cuisses, notamment celle des muscles situés à l’avant (quadriceps) et à l’arrière (ischio-jambiers).

  3. Bouger sans reproduire ni augmenter la douleur. Il est souvent possible de faire certains exercices malgré la sciatique. Le mouvement peut aussi prendre la forme d’une activité physique pour laquelle il sera peut-être nécessaire d’adapter la durée, l’intensité et d’ajouter quelques périodes de repos.

  4. Consulter. Par exemple, une sciatique qui persiste plus d’une semaine sans amélioration nécessite une évaluation par un professionnel de la santé.


Pour en savoir davantage sur les exercices à faire et les conseils à suivre en présence d’une sciatique, visionnez la chronique de Denis Fortier à l’émission Trucs et cie.

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8 questions/réponses sur la sciatique


1. Est-ce que la cause d’une sciatique provient systématiquement du dos?

Non. Par exemple, certaines sciatiques peuvent être occasionnées par un spasme ou une tension importante dans un des muscles de la fesse (le piriforme ou pyramidal). La configuration anatomique de ce muscle fait en sorte que le nerf sciatique le traverse littéralement, le rendant ainsi relativement plus vulnérable. Cette situation est cependant peu fréquente.

2. Quelle est la différence entre la sciatique et la sciatalgie?

Il n’y en a pas: il s’agit de synonymes. Évidement, l'expression nerf asiatique est à proscrire malgré le fait qu'elle nous fasse sourire.

3. Est-ce que le poids corporel joue un rôle dans les problèmes de sciatique?

Oui: le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque (et non une cause directe) qui peuvent aussi contribuer à rendre la condition chronique.

4. Quelles sont les probabilités de récupérer à 100% d’une sciatique?

Plutôt bonne. Toutefois, il est cependant important d’agir rapidement, dès que les symptômes apparaissent. Certaines personnes aux prises avec une sciatique voient les problèmes perdurer au-delà d’un an. Certains chercheurs estiment à environ 25% le taux de récidive après quatre ans.

5. La sciatique peut-elle entraîner une chirurgie?

Oui, mais celle-ci n’est envisagée que dans des cas exceptionnels et graves, par exemple en présence de symptômes neurologiques comme de l’incontinence et une faiblesse importante qui évolue négativement.

6. Quels sont les signes encourageants dans l’évolution d’une sciatique?

Une diminution de l’intensité, de la fréquence et de l’étendue de la douleur. D’ailleurs, il est de meilleur augure que les symptômes au membre inférieur soient davantage localisés près de la fesse que des orteils.

7. Quels sont les signes moins encourageants d’une sciatique?

La présence de signes neurologiques ainsi qu’une augmentation de la douleur, de sa fréquence et de son étendue. Aussi, la douleur au bas du dos associée à la sciatique présenterait un moins bon pronostic.

8. J’utilise une ceinture lombaire pour éviter les problèmes de sciatique. Est-ce une bonne chose?

Non: si la cause principale de votre sciatique n’a pas été identifiée clairement. Non: si vous l’utilisez de façon permanente. Et encore non: si vous l’utilisez occasionnellement, mais sans faire d’exercices pour stimuler les muscles abdominaux.

Oui: si vous l’employez de façon exceptionnelle ou si elle a été recommandée par votre médecin ou votre physiothérapeute.

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Lectures suggérées et programme d’exercices

(tirés du livre Conseils d’un physio)

Lectures

Les premiers chapitres sur la posture ainsi que leurs 3 autoévaluations. Portez une attention particulière aux pages concernant la position assise, de 34 à 48.

Programme d’exercices

(Aucun exercice ne doit reproduire la douleur ni les autres symptômes)

Faites-le 3 à 4 fois par semaine. Augmentez le niveau de difficulté progressivement, au fil des semaines.

1-Respirer: R4 et R5.

2-Assouplir: A1, A', de A5 à A7'.

3-Fortifier: F3, F4, F5 et F6.

4-Stabiliser: S5, S6 et S9.

Denis Fortier est physiothérapeute et auteur du livre Conseils d'un physio, publié aux Éditions Trécarré, maintenant en librairie. Vous y trouverez une multitude de conseils, plus de 50 exercices thérapeutiques, des façons simples de diminuer vos douleurs ainsi que 10 auto-évaluations qui vous permettront de mesurer notamment votre mobilité, votre force, votre souplesse ainsi que votre tolérance à la position assise et debout.

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#sciatique #douleur